Love is love

Ça va ? Vous n’êtes pas encore lassé.e.s par la vague arc-en-ciel qui inonde les médias en cette journée internationale de la lutte contre l’homo et toutes les autres lettres-phobies ? 

Franchement, chacun vit sa vie comme il le veut, j’en ai rien à foutre mais qu’on n’en fasse pas la promotion. Ça, ça me dérange.

Phrase dite hier par un copain retrouvé après de nombreuses années, pensant faire preuve de tolérance. Inutile de préciser cis-hétéro blanc mais je le fais quand-même. Décortiquons : 

Vivre sa vie comme on le veut

… c’est justement ça que réclame la communauté LGBTQIA+ et le but de cette journée. En Belgique, il reste encore du chemin à faire mais d’un point de vue légal, nous faisons figure d’exemple à l’échelle internationale. En effet, cette année, nous sommes à la 3è place du classement des pays les plus LGBT-friendly d’Europe. L'association ILGA-Europe se base sur 70 critères, passant en revue les législations contre les discriminations, l'autorisation du mariage, de l'auto-détermination de genre… Maintenant, entre la théorie et la pratique, il y a un monde de différence. A nous de le réduire et de faire en sorte que d'autres pays emboîtent le pas. Si la situation s’améliore à l’ouest de l’Europe, elle se dégrade à l’est et un peu partout ailleurs sur le globe. Peut-on dès lors, dire que tout le monde peut vivre sa vie ? Pas partout en tout cas.  

Et si on s’en foutait ?

Mais avec plaisir ! Quand on fait partie de la norme définie par la société, on ne dérange personne, il n’y a aucune raison d’en avoir quoi que ce soit à foutre. Mais pour que ça soit réciproque, il faut faire partie de cette norme. Tous ensemble, en adoptant un vocabulaire adéquat, en offrant de la visibilité et de la mixité dans l’espace public, en éduquant, en s’informant, en dénonçant l’homophobie ordinaire, on arrivera à ouvrir les frontières de la normalité.

Mais comment faire quand, au quotidien, à tous les âges, à tous les niveaux sociaux, on te rappelle que tu n'es pas dans le rang ? Quand tes connaissances veulent te rassurer sur ton célibat parce que être une femme seule avec une maison en travaux, ce n’est pas facile et que tu finiras bien par trouver l’homme qu’il te faut. Quand ton médecin juge, à tort, inutile de faire un check-up IST parce que tu as des rapports sexuels lesbiens. Quand tu cales 2h dans un magasin de vêtements parce que tout est binaire et que tu sors avec une paire de chaussettes. Quand à une réception professionnelle, on te suggère de faire ton shopping dans le rayon mecs en costard. Là, je viens de résumer à peine les 6 derniers jours (véridique) Alors oui, quand on sera à court d’anecdotes de ce type plusieurs semaines d'affilée, effectivement, on pourra tous s’en foutre !  

La promotion rainbow ?

Cumulant toutes les couleurs, l’arc-en-ciel n’échappe pas au washing marketing tout comme le pink, green, black or white. Un bon nombre de marques utilisent cette actualité pour vendre n’importe quoi en se redorant le blason. Cependant, les coulisses sont souvent plus sombres. Pour PlaisirsDurables, cet engagement n’est pas une simple action marketing. C’est avec humilité et humanité que nous avons inscrit notre soutien à la communauté LGBTQIA+ dans les valeurs de l’entreprise. Tous les jours de l’année, 5% du montant de vos achats sont reversés à des associations dont la mission est de sauver des jeunes LGBTQIA+ en difficultés voire en danger de mort. Aujourd'hui, trop d'États pénalisent encore les personnes lesbiennes, gays, bisexuelles ou transgenres par de la prison, de la torture, la peine de mort ou des travaux forcés (source). Chaque geste compte pour participer à cette lutte. 

Heureusement que ça dérange !

C’est bien la preuve qu’il y a un problème qui mérite solutions. On est dans la même logique que L’Indéprimeuse qui disait dernièrement “Un féminisme qui ne dérange personne, ce n'est pas du féminisme. C'est du marketing.” Défendre ses droits, sa liberté d’être qui on est, poursuivre sa quête identitaire, ce n’est pas faire la promotion d’une communauté, c’est simplement demander à exister au même titre que n’importe qui sur terre.

Si une situation dérange, c’est que ça réveille souvent une peur mais la peur de quoi ? De la différence ? Du changement de la société qui est en marche ? De la perte de repères ancrés bien profondément depuis quelques millénaires ? C’est tout à fait légitime d’avoir peur mais pourquoi en faire subir les conséquences à autrui ? Pour ne plus avoir peur, il faut l’accepter et l’affronter tout simplement. Ça peut prendre du temps, ce n’est pas facile mais ça vaut la peine d’essayer.  

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Voilà tout ce que cette phrase terrible, dite de façon anodine, a évoqué pour moi. Le pire, c’est que je n’ai pas trouvé la force, le courage de répondre quoi que ce soit. Je ne sais même pas s'il avait conscience de mon orientation sexuelle en me lâchant ça spontanément. Doit-on perpétuellement faire son coming-out ?

Je ne me sens pas légitime de me plaindre alors que d’autres perdent la vie pour moins que ça mais dois-je pour autant la fermer ? Trop compliqué à gérer trop rapidement, il est déjà passé à autre chose. Moi pas. Comme trop souvent, j’évite le conflit, j’ai laissé dire en misant naïvement sur l’avenir … et un peu sur ce post pour m’exprimer avec soulagement ;-) 

Alors, partagez-le, parlons-en pour qu’un jour effectivement, tout le monde s’en foute !  Se foutre de l'orientation sexuelle, de son identité et pourquoi pas de tout le reste aussi finalement, non ? Vivons !

Love is love

❤️🧡💛💚💙💜

Je m’appelle Marie. Je ne suis ni journaliste, ni sexologue mais simplement bavarde et curieuse. C’est donc sans aucune prétention que je partagerai ici avec vous, deux fois par mois, quelques articles, tantôt utiles, tantôt futiles mais toujours spontanés et libérés.

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